Carnet de voyage (Guinée 2012-6)

Peu à peu le ton s’adoucit des deux côtés.

En face de ce monsieur occupant un poste haut placé, le directeur décide d’assouplir son propos. Pendant ce temps, le commissaire continue à dicter un procès-verbal truffé de phrases pompeuses ridiculisées par la petitesse du «délit» à un employé manifestement en rodage.
A ce stade intermédiaire la peine encourue perd de son poids.

L’atmosphère se détend.
Le directeur me tend sa carte de visite : il m’explique la procédure pour entrer dans le commerce du diamant en respectant les lois guinéennes. Il m’indique du doigt les différentes cartes d’accès à ce monde très codé et, bien sûr, le prix à payer pour un parcours balisé par des milliers de dollars !
Le directeur ne semble pas disposé à me punir ; il m’avoue que son cœur se serre à cette idée…
Pourtant, poussé par le commissaire, il confisque la loupe et l’argent, agents de mon «délit».
Je sursaute et manifeste un peu mais, vu le contexte surréaliste, je me détends devant la légèreté de la sentence. Mon beau-fils consent de bonne grâce, soulignant la modicité de la somme perdue ; il les pousse à mener la procédure jusqu’au bureau du procureur.

Bonne tactique : le directeur réagit à ses paroles. Il parle en malinké avec le commissaire, sans doute pour lui expliquer qu’en haut lieu cette affaire les couvrirait de ridicule !

Finalement,  je range mon passeport et mon argent mais je dois renoncer à ma loupe sans laquelle je ne puis récidiver…

Loupe instrument de gemmologie

Sévère punition pour une gemmologue…

Clémence Jude, Guinée 2012

 

Interview d’un négociant de diamants en Guinée