Carnet de voyage (Thaïlande 2011-2)

Trat

Étape avant d’embarquer pour Ko Chang, Trat en juillet échappe aux grandes migrations touristiques. Sommeillant au soleil, les guesthouses vides attendent la haute saison et son gros lot de voyageurs en partance pour les îles ou le Cambodge.
Côté vieille ville, de belles maisons sur pilotis jalonnent la rivière. Un système de prévention des incendies permet d’en pomper l’eau : en actionnant une manette, des tuyaux dirigés vers le ciel projettent de puissants jets sur l’autre rive, arrosant ainsi la végétation. Les très prochaines pluies la remettront généreusement à niveau…

Rivière (Trat, Thaïlande)

Loin de l’animation du centre, les ruelles s’ouvrent, passages secrets révélant des autels de nats lourds d’offrandes. Indiscret, l’œil plonge dans l’intimité des maisons à double ouverture, participant un instant à une vie intérieure tissée de silence et de pénombre.

Malheureusement, les marchés aux pierres ont déserté Trat pour se rassembler à Chanthaburi. Quelques bijoutiers s’égrènent encore dans les rues proposant des gemmes de qualité médiocre : saphirs diffusés, doublets d’opale, rubis vite oubliés…

Au cœur d’un monastère retiré, un moine maigre et âgé médite, fidèle à ces images vendues sur les marchés aux amulettes et suspendues dans les maisons.
Non loin, deux singes se balancent nonchalamment au-dessus de la rivière, acrobates indifférents à l’évolution du jour…

(suite 3)