Carnet de voyage (Bornéo 2012-5)

Pulau Kembang

La pirogue ouvre son chemin sur Sungai Martapura encore endormie. Elle se faufile dans les canaux bordés de maisons en bois sur pilotis qui ont valu à Banjarmasin le surnom de «Venise asiatique».
À l’heure de la toilette, les habitants puisent l’eau à l’aide d’un petit seau ou s’immergent. Déjà les pêcheurs appâtent le poisson quotidien.
Sur le fleuve, l’activité s’intensifie : les riverains rament vers les marchés flottants où ils choisiront fruits et légumes au ventre des barques.

Barque marche flottant Bornéo

Le ciel s’illumine enfin teintant la rivière d’un brun doré éclairci par le sillage des bateaux. Nous accostons à Pulau Kembang, «l’île aux singes».
À l’embarcadère, des macaques à longue queue grouillent, accueillant ces humains qu’ils côtoient depuis des millénaires. D’ailleurs, le «hobbit» de Flores évoluait non loin…
L’œil ne les discerne pas toujours quand leur pelage grisâtre se fond dans le paysage mais il les repère peu à peu dissimulés dans les arbres et sur les rives.
Les jeunes courent de tous côtés ; certains se cherchent des poux, au propre et au figuré. Quelques séniors assis, le menton allongé d’une barbiche, enroulent leur queue verticalement le long d’un barreau du pont.

Macaques (Bornéo)

Parfois ils attaquent. Ainsi cet homme menace d’un bâton un acharné qui s’obstine à le suivre dès qu’il tourne le dos.
Une fillette grimace en gesticulant imitant un macaque, impassible devant ces singeries…

(suite 6)