Carnet de voyage (Guinée 2011-1)

A ma fille et à son mari

Conakry

Tôt le matin, la rue s’anime. Le gecko, lézard infiltré dans toute la ville, ponctue les murs d’orange et de noir pendant que sa femelle, moins haute en couleur, se faufile discrètement partout.
Vénérables fromagers et imposants baobabs abritent des demeures peu spacieuses, des échoppes et des stands qui accompagnent le passant jusqu’à la mer.

 La mer à Conakry, Guinée

Les grands locaux du PMU accueillent un nombre impressionnant d’heureux venant recevoir leur gain. Ici, on parie sur les courses de France suivies en direct sur l’écran.
Je m’étonne à la guichetière de tant de chanceux ; elle m’assure en souriant que beaucoup de joueurs deviennent facilement millionnaires.
Vrai, sachant qu’à ce jour un million de francs guinéens donne environ cent euros !

Pas de pierre à Conakry, sauf des fausses !
Chaque commerçant me présente une coupe remplie de verres et de synthèses dont ils connaissent la «nature».
Pas d’or, sinon de l’or recyclé : les bijoux se réalisent sur commande à partir de parures d’occasion fondues et retravaillées. Des acheteurs venant du Sénégal et de la Côte d’Ivoire devancent ceux du pays, qui les nomment les «coupeurs de route», en obtenant l’or des exploitations à un meilleur cours grâce à leur monnaie.
L’or de Guinée avait donné naissance à une monnaie anglaise ancienne, la «guinée», remplacée plus tard par le «souverain».
Dans les bijouteries, sobres étalages de bracelets en argent travaillé et de colliers touaregs ornés parfois d’une agate.

Des jeunes jouent au football sur une langue de sable à marée basse tandis que des gamins se baignent dans une nappe cuivrée par le soleil couchant.
Pas de vague sur les eaux outremer de la piscine…

Coucher de soleil Conakry Guinée

Le soir descend à l’appel du muezzin. Du balcon de ma chambre, je compte les rares lumières éclairant la pénombre : celles des Conakrikas assez fortunés pour se payer un groupe électrogène…
Pendant trente minutes, un étrange ballet traverse le ciel en silence : des oiseaux blancs migrent par petits groupes vers l’ouest tandis que de ce point des oiseaux noirs arrivent en relais.
Le jour laisse place à la nuit…

La route vers l’or