Carnet de voyage (Sri Lanka, Ratnapura 2008-1)

Ratnapura

La voiture prend un raccourci tortueux qui secoue mon estomac, heureusement à jeun. Il serpente à travers un début de jungle à la végétation luxuriante, riche en cocotiers et bananiers.

Des buffles broutent,  paisibles,  tandis qu’un varan débouche sur la route en agitant sa double langue blanche.

Buffles sur la route de Ratnapura Sri Lanka

Montagnes et plantations de thé : nous arrivons à Ratnapura, la «Cité des gemmes».

Les habitants se souviennent des terribles inondations qui ont dévasté la région en mai 2003. Les pluies, souvent torrentielles en période de mousson, ont provoqué quelques crues de moindre importance la semaine dernière.

Les terrains, d’où on extrayait les pierres les années précédentes, se sont convertis à la culture du riz ; les cabanes des paysans remplacent les abris des mineurs. Pattes invisibles dans l’eau, des oiseaux noirs et rouges veillent sur la croissance de cette céréale, toujours bonne à marier au curry.

Un peu plus loin, les prospecteurs ont creusé de nouveaux puits. Aujourd’hui les mineurs attendent que le soleil sèche la terre pour travailler.

Vers sept heures, vêtus de blanc et de bleu, les enfants prennent le chemin des écoliers et moi celui du marché aux pierres de Niwithigala, situé à quelques kilomètres de Ratnapura. Chaque matin en plein air une petite foule anime la place et les rues voisines. Rendez-vous exclusivement masculin, contrairement aux marchés birmans où de nombreuses femmes vendent des rubis. Des hommes ouvrent leurs plis et proposent différentes variétés de gemmes, toujours brutes : saphirs d’un bleu intense, saphirs jaunes de couleur naturelle pesant plusieurs carats, rubis, chrysobéryls… L’acheteur observe une première fois la pierre sous le soleil. Ensuite, il l’examine attentivement à la lumière d’une forte torche pour l’évaluer.

Négociant marché aux pierres, Sri Lanka

Viendront les négociations concernant le prix : pas forcément l’étape la plus rapide…

(suite 2)