Carnet de voyage (Bornéo 2012-3)

Indonésie-Kalimantan Ouest

J’atterris à Pontianak, étape avant Banjarmasin où je projette de visiter la mine de diamants, car les compagnies aériennes ne proposent aucun vol direct.
Les employés de l’immigration prétendent, à coups de tampons bruyants, que mon visa ne couvre pas la totalité de mon séjour. Ils essaient de m’impressionner pour me soutirer vingt cinq dollars de prolongation !
Dernière libérée de ce bureau où les préposés se tamponnent de la loi, je cherche un change.
Stupéfaction : impossible d’obtenir des roupies à l’aéroport !
Le taksi refuse les dollars mais il me conduit à un money changer.

La ville s’éveille, fraîche encore avant l’écrasante présence du soleil car la ligne de l’équateur traverse Pontianak.
Bientôt les restaurants exhalent les premières odeurs de nourriture car ici la soupe remplace le croissant. Un cuisinier suspend un bouquet de poulets par les pattes et les saigne d’une incision à la gorge : garanti halal.

Cyclo pousse Bornéo

Très vite les véhicules envahissent les rues, rugissant pour délimiter leur territoire. Déjà les cyclopousses tirent sur la jambe de leur propriétaire. Le siège de cet instrument indonésien se place derrière une petite cabine où s’assoit le voyageur ; ainsi celui-ci a toujours une tête d’avance sur le conducteur.

Les vitrines d’une avenue regorgent de gemmes : lapis-lazulis facettés où scintillent les inclusions de pyrite, cabochons de cyanites et de saphirs bien séparés mais grand déballage de pierres roses infiltrées de matière vitreuse dont l’appellation «rubis» est désormais interdite…

Bagues pierres Bornéo

Le durian, ce fruit recherché en Asie malgré sa puanteur, n’a pas droit de séjour dans la bouche des clients de certains hôtels. Pour ceux qui ne savent pas lire, un dessin du fruit barré d’une dissuasive croix rouge transmet le message. Aucune transgression envisageable : l’odeur dénoncerait immédiatement le fraudeur…

(suite 4)