Carnet de voyage (Bornéo 2012-4)

Kalimantan Sud-Banjarmasin

Je passe plus de temps la tête dans les nuages que les pieds sur terre. À force de décoller, ma ceinture est à cran !
À la sortie de l’aéroport, un guichet délivre un bon pour le taxi et m’évite ainsi bien des marchandages : je lance le nom de mon hôtel, je paie et c’est dans leur poche !

Ce matin, départ pour la gare routière KM6 où je prends un colt orange (minibus) qui me dépose près du marché aux pierres de Martapura.
Les nombreuses boutiques, réparties en îlots, proposent des échantillons de moyenne qualité mais de plusieurs carats : saphirs noirs étoilés parfois mélangés aux black stars, rubis opaques mais belles pierres de lune œils de chat. Grand choix de turquoises matrix et de rhodochrosites près de fluorites vertes mélangées aux émeraudes. Parfois confusion entre émeraude et zoïsite quand celle-ci ne contient pas d’inclusions de rubis. Et, bien en évidence, des bouteilles de corindons synthétiques Verneuil…

Pierres magasin, bornéo

Facettée ou en géode, l’améthyste semble très prisée ici ; son nom couvre d’ailleurs les «lacunes cristallines» du vendeur ! L’un d’eux me présente une hématite taillée taille brillant qu’il ose nommer «diamant noir»… Je passe mon chemin…

La clientèle masculine, importante car les hommes en Asie portent des bijoux, choisit parmi les grosses bagues enchâssées de cabochons : saphirs, œils de tigre, cornalines et verres aventurinés…

Bijouterie Bornéo

Au hasard des vitrines apparaissent des petits diamants mal taillés, intéressants pour les inclusions mais plus chers qu’à Anvers.
À l’abri des regards indiscrets, un homme ouvre un pli contenant quelques pierres incolores qu’il propose à un passant avant de disparaître dans la foule.

Certificat LPSB topaze bleue

Les certificats du LPSB assurent l’authenticité de la gemme (indispensable devant l’invasion des synthèses hydrothermales) mais ne précisent pas si elle a reçu un traitement. Ainsi, le bleu de cette topaze indique une irradiation, peut-être stabilisée par un traitement thermique, mais aucune mention ne l’indique.

Au moment du retour, un rabatteur affirme, en levant ostensiblement deux doigts, que je dois payer deux fois le prix du trajet. Je proteste mais il insuffle cette idée discriminatoire au conducteur qui, outré, refuse de se laisser corrompre.
Le colt termine sa course à la gare. Une moto-taxi me propose ses services pour me transporter à l’hôtel : trajet rapide et agréable malgré les gifles de la pluie !

Enfin assise au restaurant, la pensée d’un bon repas me réjouit quand une ombre furtive rase le sol : un rat !
Parfait coupe-faim pour les gourmands au régime !

(suite 5)